Gouttes... & toiles d'araignées |
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Tout commence
un matin de temps très humide, vous savez, ces matins de brouillard
bas où tout est pimpinant de rosée. Voici quelques photos, simplement prise avec le mode "macro" de mon appareil numérique. Ci-contre, le centre d'une toile: certaines gouttelettes, proches lors de leur formation, ont fusionné en gouttes plus grosses englobant à leur tour leurs voisines. |
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Les gouttelettes
laissent bien apparaitre la structure de la toile. Ce qui etonne quand
on y regarde de plus près est la régularité dans
les tailles et l'espacement des gouttelettes: tout ceci a une explication,
exposée un peu plus bas...
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Une toile disposée
verticalement, et déformée par le poids des gouttes qui
la chargent.
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Chapelet de gouttes sur des fils de tension d'une toile d'araignée: revenons sur la régularité dans le diamètre et l'espacement des gouttelettes... tout ceci a donc une explication physique: La voici, issue du livre de P-G de Gennes "Gouttes, bulles, perles et ondes"(1), pp.108-111: "Instabilité
de Plateau-Rayleigh: Afin de connaître le critère de formation des gouttelettes on calcule la différence d'énergie dE entre la surface modulée et le cylindre dont elle est issue. (je vous épargne la formulation de dE :-) ...consulter le livre). "On voit que l'énergie
est abaissée (dE < 0) si (...) la longueur d'onde est supérieure
au périmètre du cylindre de départ: On peut aussi calculer le
temps de croissance des instabilités. Ce temps de croissance
est minimum pour la longueur d'onde
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"L'état final
de l'instabilité est parfois une succession de grosses et de
petites gouttes ("satellites"). Les satellites proviennent
d'une instabilité secondaire du manchon de liquide qui relie
deux gouttes en train de se former. Ci-contre, on distingue les "grosses" gouttes, résultant de la fusion de plusieurs petites qui se sont rapprochées en "glissant" sur le fil par gravité. Il ne reste ici que quelques petites gouttes "primaires", la majorité étant déjà des gouttes fusionnées. |
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D'autres gouttes
de centre de toile...
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... et une grosse
goutte sur un fil vertical, où l'on distingue une image renversée
du paysage...
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... ce qui nous amène à parler d'optique! (gnac-gnac! :-) Ci-contre, goutte isolée sur un fil horizontal. Elle a un contact presque ponctuel avec le fil et est donc quasiment sphérique. On a donc une lentille sphérique presque parfaite.
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Pour une lentille sphérique de diamètre D et d'indice de réfraction n, sa longueur focale vaut F = (n.D) / (4(n-1)). Par exemple dans le cas d'une goutte d'eau (n=1.33) de 1mm de diamètre, sa distance focale vaut F = 1.33/1.32 ~= 1mm, donc son plan focal sera situé à 0.5mm en arrière de la goutte. Ainsi, un objet
situé à en avant de la goutte (paysage, considéré
à l'infini) donnera une image renversée située
au foyer objet de la goutte. Lorsque l'on regarde la goutte à
une distance de quelques cm on voit donc cette image renversée.
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Photos de gouttes, avec en médaillon l'image renversée afin de voir le paysage à l'endroit.
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Certes la lentille sphérique donne une image, mais cette image est loin d'être parfaite! Comme le montre le tracé optique ci-dessous, selon leur point d'entrée dans la goutte, les rayons ne convergent pas au même endroit: c'est ce qu'on appelle l'aberration sphérique.
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On a déterminé
le poids exact d'une goutte!! Fort, non?... ;-)
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Portrait inversé...
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(1)- "Gouttes,
bulles, perles et ondes" - P-G de Gennes, F.Brochard-Wyart, D.Quéré
- Collection Echelles / BELIN / ISBN 2-7011-3024-7
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Et pour tout savoir sur les toiles d'araignées,
quoi de mieux qu'une page "web" (haha quel humour! :-))... des
centaines de liens utiles sur la page de Herman Vanuytven: http://www.arachnology.be/Arachnology.html
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