Dague ornée

lame style celtique ou "elfique"

Cette dague était l'occasion de tester quelques techniques imaginées ou bien lues dans des articles en ligne. Elle a été réalisée avec "les moyens du bord", essentiellement des limes, scies, une ponceuse à bande, des papiers abrasifs, etc...


... et son fourreau.

 


La lame est simplement taillée dans un plat d'acier du commerce.
Avantage: facile à trouver et à graver à l'acide;
Inconvenient: des points d'oxydation peuvent apparaitre (protéger la lame régulièrement);

Ebauche:

La forme de la dague et de sa lame ont été dessinées et reportées sur un gabarit cartonné qui a servi à former la lame. La méthode la plus efficace pour ébaucher la forme est d'utiliser une ponceuse à bande ou un "backstand".

On réalise ensuite l'émouture (la partie tranchante) et l'on travaille encore la forme de la lame au papier abrasif, en prenant des grains de plus en plus fins (en vue du polissage).

Entre deux sessions de polissage de la lame, les pieces de la garde sont découpées dans une plaque de laiton et percées de deux trous pour l'assemblage final.
On découpe aussi les pieces intercalaires dans le même acier plat que la lame.

Etat intermédiaire du polissage...
... jusqu'à l'état avant assemblage
Les pièces constituant le manche ont été découpées dans divers bois et tournées sur un support fileté.
On a aussi tourné le bout du manche dans un morceau de cuivre de récupération, ainsi que quelques intercalaires décoratifs dans des jetons metalliques.

Assemblage:

On en arrive à l'assemblage, où la garde (décorée au préalable) est rivetée à la lame (on voit les deux rivets ronds sur la gauche) et les pieces intercalaires de la garde collées au reste de la garde.
Enfin, les pièces du manche sont enfilées et collées.

Décoration:

La décoration de la lame et de la garde a été réalisée avant assemblage. Voici quelques explications et photos du résultat final.

Ces décorations emploient une technique de gravage à l'acide. Cette méthode est relativement simple mais nécessite un peu de minutie et de precautions! On emploie de l'acide sulfurique du commerce qui necessite d'être dehors, de porter des gants et... de faire très attention!

Le principe est le suivant:

  • Fondre un mélange de cire d'abeille et de parafine ou bougie. Les proportions du mélange sont à déterminer expérimentalement, mais disons que la parafine donnera sa tenue au mélange refroidi, tandis que la cire permettra de travailler le mélange refroidi en évitant les cassures
  • Enduire la lame propre de ce mélange fondu, sur une épaisseur de 2/10 à 5/10 de millimetre environ (à l'aide d'un tampon de tissu). Bien recouvrir toutes les parties de la lame (insister sur le tranchant) car les parties non recouvertes seront attaquées à l'acide.
  • On va maintenant "sculpter" la cire de manière à découvrir les parties que l'on veut graver. J'utilise un petit cutter pour les parties les plus épaisses et une aiguille pour les parties les plus fines.
    Le travail prend un peu de temps, d'autant qu'il est difficile de réparer les erreurs: ne pas enlever trop de cire!
  • Une fois le motif creusé, il ne reste plus qu'à laisser tremper la lame dans l'acide... plusieurs heures sont généralement nécessaires avec l'acide moyennement concentré du commerce... surveiller quand même de temps en temps... :-)
    On peut accélerer le processus en aditionnant de l'eau oxygénée qui va augmenter le pouvoir de corrosion de l'acide (attention en manipulant!).
  • Lorsque l'acide a fait son oeuvre, il ne reste plus qu'à dégager la cire protectrice du reste de la lame: l'acier gravé par l'acide a un aspect satiné. On peut alors faire un poli de finition du reste de la lame.

Pour la décoration de la garde, le processus est similaire, avec deux étapes de plus:

  • On grave à l'acide un motif comme indiqué ci-dessus
  • Après nettoyage, on remplit le creux laissé par l'attaque acide avec de l'étain (chauffage au chalumeau)
  • Enfin, on enleve le surplus d'étain à la lime et au papier abrasif, jusqu'au niveau d'origine de la garde laiton: on a alors un motif bicolore (ci-contre).
   
Quelques images...
... après finition

 

La dague terminée

Le fourreau "allégé"

A l'heure des "0%" et des "light", voici un fourreau de ceinture pour la dague, tout léger puisque constitué de quelques pièces de cuir.

La dague est maintenue à l'avant par une petite "poche" de cuir dans laquelle s'enfile le boût de la lame, et à l'arrière par une simple boucle au niveau du manche.

Le fourreau se glisse à la ceinture par une boucle renforcée par un fin feuillard de cuivre. Cette boucle est fermée par un rivet de cuivre frappé au marteau (comme moi :-p)

Zoom sur l'attache du manche.

L'arrière du fourreau; on voit le dos du rivet en cuivre.

L'attache de cuir a été ornée à chaud (pyrogravure au fer à souder).

La dague attachée à la ceinture... du plus bel effet et d'une élégance rare sur un pantalon noir, très classe pour les soirées mondaines ;-))

   

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